Portrait d’entrepreneure : Juliette Brun de Juliette et Chocolat

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  • Par Marie-Michelle Demers
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Portrait d’entrepreneure : Juliette Brun de Juliette et Chocolat

Entraînée par la passion familiale pour le chocolat, Juliette Brun décide de lancer son entreprise de confection chocolatière, Juliette et Chocolat, qui possède aujourd’hui 8 succursales dans la grande région de Montréal. Vestibule s’est entretenu avec cette femme inspirante afin d’en savoir plus sur son parcours d’entrepreneure.

Portrait d’entrepreneure : Juliette Brun de Juliette et Chocolat

Entraînée par la passion familiale pour le chocolat, Juliette Brun décide de lancer son entreprise de confection chocolatière, Juliette et Chocolat, qui possède aujourd’hui 8 succursales dans la grande région de Montréal. Vestibule s’est entretenu avec cette femme inspirante afin d’en savoir plus sur son parcours d’entrepreneure.

 

 

La question qui brûle toutes les lèvres : pourquoi le chocolat?

JB : Mon enfance a toujours été bercée par le goût du chocolat, c’était MA source de réconfort par excellence et il forme surtout la base de ma pyramide alimentaire. Je ne pouvais pas faire autrement que de travailler avec cet ingrédient si noble à mes yeux!

 

Avant de fonder Juliette et Chocolat, quelle était votre vision et quelles valeurs souhaitiez-vous insuffler à votre marque?

 JB : Mon idée au départ était d’offrir une expérience à mes clients à travers une gamme de produits chocolatés délicieux et décadents. Je voulais que les personnes qui viennent chez moi puissent s’échapper du stress de leur vie de tous les jours le temps de boire un bon chocolat chaud.

 Je voulais également créer une entreprise qui ait à cœur le bien-être et le développement de ses équipes pour que les personnes qui s’investissent puissent grandir avec moi.

 

Quelle formation avez-vous suivie pour connaître votre produit et comment cela vous aide dans votre métier au quotidien?

 JB : J’ai étudié en économie et finance, donc l’aspect financier de la gestion d’entreprise n’a jamais été un problème. Par contre, en montant mon dossier pour Juliette & Chocolat à la sortie de mes études, je savais qu’il me manquait le coté opérationnel, je suis donc allée étudier en pâtisserie/chocolaterie et j’ai obtenu mon diplôme de maitre crêpière. J’ai également dû lire au moins 200 livres sur le chocolat!! Je me suis plongée dans les livres sur les affaires, je me suis abonnée aux magasines d’hôtellerie/restauration, je posais beaucoup de questions aux personnes qui s’étaient eux-mêmes lancées en affaire pour essayer d’apprendre d’elles… et évidement j’ai travaillé sur le terrain. Je voulais connaitre tous les domaines de mon entreprise et être la personne ressource.

Encore aujourd’hui même si je suis très à l’aise dans mes fonctions, il y a encore beaucoup de choses que je souhaite apprendre et je suis convaincue que pour réussir, il faut continuellement être en mode d’apprentissage. Je grandis un peu plus tous les jours!

 

Comme on le sait, partir une entreprise n’est pas une chose facile. Avez-vous rencontré des difficultés en cours de route? Et si oui, comment les avez-vous surmontées?

 B : Dans la création d’entreprise il y a ce que l’on prévoit et puis il y a les imprévus. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il faut apprendre à prévoir les imprévus et savoir s’ajuster rapidement quand ils arrivent. Je pensais par exemple que j’allais trouver un local facilement… en réalité à 22 ans, les gens ne me donnaient pas beaucoup de chances. J’ai donc rapidement contacté une compagnie en immobilier pour me représenter et du jour au lendemain on m’a pris beaucoup plus au sérieux et on m’a accordé beaucoup plus de rendez-vous. Quand j’ai finalement trouvé le local, je pensais être capable d’ouvrir beaucoup plus vite et nous avons eu plein d’embûches qui ont repoussé la date d’ouverture, ce que je n’avais pas prévu…Ce que j’avais prévu par contre, c’était que mes finances me tiennent une année (même sans le moindre argent entrant). Venant d’une famille de financiers, j’étais très économe. Cela m’a permis de me concentrer à 100% sur mon projet et de ne pas avoir à me soucier de l’aspect financier, ce qui était majeur pour moi. Quand j’ai ouvert, je pensais que mon concept marcherait immédiatement mais cela a été plus long que je l’avais anticipé. Il a fallu du temps pour que je me fasse connaître, que le bouche à oreille fasse effet et que le palais des gens se fassent à nos produits qui mettaient en avant le chocolat noir qui était moins consommé. Et là encore, il a fallu s’ajuster à la demande et à mes attentes. Nous pensions faire du service au comptoir, nous avons dû vite changer pour du service aux tables. Nous offrions notre chocolat chaud uniquement à l’ancienne (très épais et très onctueux) et nous avons vite dû offrir une option avec moins de chocolat et plus de lait. Nous pensions fonctionner le matin et nous nous sommes vite rendu compte qu’il ne servait à rien d’ouvrir avant 11h. J’ai vite appris qu’être entrepreneur, c’était savoir s’ajuster rapidement, savoir se remettre en question, savoir écouter et aussi savoir bien s’entourer.

 

Comment arrivez-vous à concilier votre vie de famille et votre vie d’entrepreneure? Quelles sont les qualités requises pour être une bonne entrepreneure?

 JB : Il est certain que se lancer en entreprise, c’est très prenant et il faut s’attendre à délaisser un peu sa vie personnelle au début, mais pour durer sur le long terme il faut absolument trouver son équilibre! Dans mon cas, j’ai réussi à trouver mon équilibre en fondant ma famille. Je travaille avec mon mari et j’ai 5 enfants et nous vivons le chocolat tous les jours. Nous sommes tous impliqués dans la réussite de Juliette et Chocolat et les enfants sont fiers de nos accomplissements et comprennent la réalité de nos engagements. Ils viennent souvent avec nous dans les fabriques, goûtent aux nouveautés, nous donnent leur avis et nous les impliquons au maximum dans notre réflexion et nos prises de décisions pour leur donner une notion de notre travail. À Pâques par exemple, ils nous ont aidés à trouver les noms de nos animaux et les caractéristiques de leurs personnalités ; c’était un travail collectif. Les gens me demandent souvent comment nous faisons pour gérer une compagnie en croissance et une famille de 5 enfants, et si je dois vous répondre honnêtement, pour moi l’équilibre ne rime pas avec ordre et routine. Chez nous ça n’existe pas, on est souvent à la course, on crie le matin pour partir à l’école et parfois on n’a pas le temps pour des activités le weekend, mais on est bien dans ce rythme-là. L’important pour nous est de s’assurer que nos enfants grandissent dans un environnement stimulant, magique et créatif, et pour nous c’est ça notre équilibre !

 

 

Quelle est l'inspiration pour le design des Juliette et Chocolat ainsi que les uniformes?

 JB : Juliette et Chocolat est une entreprise née au Québec mais d’inspiration bien française et nous voulions que ce côté Français ressorte dans le design et les uniformes. Comme le chocolat tache beaucoup, nous savions que l’uniforme allait être noir. Pour le chapeau, nous voulions quelque chose de coloré et qui rappelle l’uniforme de pâtissier. Le chapeau type toque rouge est né!

Pour le design intérieur, nous voulions un design à la fois chic, mais chaleureux et accessible. Le bois, le lambris, les moulures et les grosses tables en bois rappellent le style d’une maison de campagne où il fait bon se retrouver en famille, c’est d’ailleurs le même genre de déco que j’ai dans ma maison.

 

 

Vous avez déjà mentionné dans une entrevue antérieure, que vous étiez très sélective concernant l’emplacement de vos succursales. Pourquoi l’êtes-vous et comment l’emplacement influence-t-il votre commerce?

 JB : En affaire, on dit toujours : « it’s all about location, location, location ! ». Dans mes cours, s’il y a bien une chose que j’ai retenu c’est bien ce point! Quand on choisit bien ses locaux, les gens n’ont plus besoin de nous chercher et ils nous trouvent sans même le vouloir. C’est la moitié du travail qui est fait.

Je savais qu’en me lançant en entreprise, je serais déjà très prise avec la gestion du personnel, le service à la clientèle, les formations, la création de nouveaux menus, la paperasse… je ne voulais pas avoir à me soucier du manque de clients. En ouvrant mes succursales sur des artères principales passantes, je savais que les clients seraient au rendez-vous et qu’il ne nous resterait plus qu’à les fidéliser.

 

Pour répondre au succès grandissant de votre entreprise, quelles sont les améliorations qui ont été apportées dans la cuisine centrale depuis la création de Juliette et Chocolat?

JB : Depuis l’ouverture de notre atelier de production, nous avons dû déménager de nos premiers locaux car ils étaient devenus trop petits. Depuis nous perfectionnons nos méthodes de travail : par exemple nous avons mis en place un système de traçabilité; pour tous nos produits et à n’importe quel moment nous sommes capables de retracer la provenance des ingrédients ainsi que la date et le nom de la personne l’ayant confectionné.

Même avec notre croissance, nous continuons à produire de manière encore très artisanale. Quasiment tous nos produits sont faits à la main. Nos brownies par exemple, sont encore fait dans des gros culs de poule, mélangés et coupés à la main pour garder leur texture fondante et moelleuse. Les seules machines que nous utilisons sont nos fours et nos mélangeurs Kitchenaid, c’est donc un peu comme cuisiner chez moi mais en très grosse quantité.

 

Avez-vous un produit spécial que vous aimeriez prochainement ajouter à votre menu?

JB : Dans mon idéal, j’aimerais que Juliette & Chocolat puisse satisfaire toutes les dents sucrées, même celles de ceux qui souffrent de conditions médicales, d’allergies ou d’intolérances qui ne leur permettent pas de venir se faire plaisir chez nous. Je suis donc en train de travailler sur plusieurs produits pour ces clients.

 

Dernière question : quel est votre chocolat ou votre cacao favori?

JB : Je ne discrimine jamais avec le chocolat, pour moi c’est toujours une question d’agencement des goûts pour sublimer la saveur du chocolat. Un chocolat blanc par exemple se marie à merveille avec des fruits rouges ou peut rehausser le goût d’une réduction de homard. Le chocolat au lait peut ajouter une touche de douceur à un met avec des épices et le chocolat noir, qui est souvent plus long en bouche, est très souvent associé à des saveurs plus fortes comme le café.

Le chocolat peut évidemment se consommer seul pour savourer la profondeur du cacao et dans mon cas, j’y vais selon mon humeur. Je ne suis jamais déçue quand je mange du bon chocolat !! 

 

Merci Juliette pour cette incursion inspirante dans votre vie d'entrepreneure !

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Marie-Michelle Demers 

Assoiffée de culture, vous risquez assurément de la rencontrer dans une salle de cinéma ou dans un théâtre en train de rédiger son prochain article! Poète, amoureuse de la littérature et des arts de la scène, Marie-Michelle utilise sa plume pour convaincre et toucher le public. Ayant fait ses études en théâtre et en communications, elle rédige sur différentes plateformes afin de faire découvrir les créateurs d’ici.

 

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